Essai de philosophie

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Archive pour janvier, 2011

Origine de la société civile chez Thomas Hobbes

Posté : 23 janvier, 2011 @ 9:43 dans Philosophie politique | Pas de commentaires »

           Le texte « Etat de nature et état politique » soumis à notre étude est extrait de l’oeuvre Citoyen de Thomas HOBBES, Le citoyen ou les fondements de la politique. Ce livre traite de la question de l’origine de la société civile. Pour Hobbes, les origines de la société civile se trouvent dans la crainte réciproque entre les hommes. Etudiant les avantages de l’état de nature et de l’état politique, Hobbes penche pour l’état politique. Si le thème ici abordé est la comparaison entre l’état de nature et l’état politique, le problème soulevé est celui-ci : de l’état de nature et de l’état politique lequel offre plus d’avantages ? Quel état pour le bonheur de l’homme ? Ce problème se dessine en filigrane derrière un questionnement du texte. L’idée directrice peut être résumée comme suit : hors de l’état politique, c’est la guerre, tandis qu’a l’état politique, c’est la paix pour tous. Les enjeux philosophiques de ce texte sont multiples : il rompt avec la tradition philosophique qui prône que, par nature, l’homme est porté à la vie en société. Comme Machiavel, Hobbes s’inscrit dans un réalisme politique.

            Les paragraphes du texte constituent l’argumentation comparative de Hobbes. Pour notre analyse nous suivrons la présentation de l’auteur en vue de comprendre sa position. Cette analyse constituera notre première partie et elle sera une explication du texte. Ensuite, critiquerons la pensée de l’auteur et, en guise de conclusion, nous dégagerons une actualisation de la pensée de l’auteur.     

 

 

            Dans le souci de répondre à la question de savoir quel état pour l’homme en vue de son épanouissement, Hobbes entreprend une étude comparative entre l’état de nature et l’état politique dans son ouvrage, le citoyen. Mais qu’entend il par état de nature et état politique ?

            L’état de nature est l’état des hommes n’ayant entre eux d’autre lien que leur qualité commune d’être des êtres humains, chacun étant libre et égal à tous. Ainsi les hommes apparaissent comme ayant un penchant naturel violent et destructeur envers leurs semblables. De fait, chaque homme est la proie d’un autre homme, neutralisant chez chacun tout espoir de progrès. Selon cette vision « L’homme est un loup pour l’homme »,  d’où la nécessité d’un état politique. L’état politique est encore appelé société civile caractérisée par une organisation juridique des individus rassemblés par un contrat. L’état de société est rendu nécessaire par l’insécurité de l’état de nature. Le contrat social qui fonde l’état de société est un contrat de soumission. Hobbes refuse de distinguer l’association et la soumission. Pour lui, la seule façon de s’unir, c’est de se soumettre à un tiers. Les deux caractéristiques du contrat selon Hobbes sont le fait que la soumission doit être totale et le fait que le maître lui-même ne soit pas lié par ce contrat ; ainsi son pouvoir est-il absolu.

            Dans son premier paragraphe, il analyse la question de la liberté dans chacun des états. A l’état de nature cette liberté est totale, en ce sens que chacun à droit à tout ce qu’il veut. Tous les moyens sont bons pour l’acquérir. Notre liberté devient alors infructueuse car toutes nos possessions sont éphémères ; en effet, quand vient un plus fort il s’accapare de tout. Or, dans la société civile, nul ne peut se rendre justice. Chacun jouit de la liberté qu’il faut pour vivre paisiblement et pour profiter de son droit. Chaque membre de la société vit en sécurité sans n’avoir rien à craindre ; ses biens sont protégés et il peut jouir parfaitement de son droit.

            Dans le deuxième paragraphe, Hobbes évoque l’idée de droit dans chacun des états. En terme de droit, à l’état de nature, chacun à le droit sur tout, mais en fait il n’a aucun droit même pas le droit de vivre. Dans l’état politique, tous les individus jouissent d’un droit particulier qui permet d’avoir une possession à soi et d’être sûr que personne ne viendra la lui l’arracher.

            Le troisième paragraphe fait cas de la vie proprement dite et de la protection. Hobbes y présente l’état de nature comme un lieu où règnent les violences de toute sorte ; nul n’y est en sécurité. Dans la société civile, cette puissance d’action des hommes est confiée à un seul. Ainsi, personne ne peut faire violence à son prochain, car, par le contrat, il renonce à se faire justice. Malgré ce renoncement, devant un danger l’individu n’est pas abandonné ; il est soutenu par les autres pour affronter le danger. A l’état de nature, devant un danger, chacun est livré à ses propres moyens de défenses et n’a pas le secours de ses concitoyens.

            Dans le quatrième paragraphe, Hobbes aborde la question de l’habileté et du travail effectué par chacun. A l’état de nature, cette habileté et les actions accomplies n’apportent rien et sont sans aucune importance, tandis que, dans la société cela permet d’avoir ce dont on a besoin pour une vie assez heureuse.

            Le cinquième et dernier paragraphe, est une récapitulation des quatre premiers. Il dégage les caractéristiques de chacune des états. Dans l’état de nature, l’homme est livré à ses passions, à son désir d’affirmer sa force, il vit dans la solitude, dans la misère, dans l’ignorance et dans la brutalité qui lui ôte le goût de la douceur de la vie. L’ordre établit grâce au contrat assure la paix et la sécurité. Ainsi foisonnent les richesses. Les conversations naissent et l’on découvre combien il est bien d’échanger quelques mots et quelques expériences. Les sciences se développent grâce aux discutions. La vie n’est plus régie par l’ignorance, mais par des lois de l’amitié.

 

            Hobbes rompt avec la tradition philosophique, pour laquelle l’homme est naturellement porté à la vie en société. Il est un animal politique, selon Aristote, et c’est cette sociabilité instinctive qui est l’origine des sociétés. La rupture s’introduit par le fait, que pour Hobbes, ce n’est pas l’inclinaison vers l’autre mais, la crainte de l’autre, le désir de sécurité, et la recherche tout égocentriste de l’honneur et de l’utilité qui sont les causes pour lesquelles les hommes s’assemblent. Avant Hobbes, la plupart des écrits touchant les républiques supposent que l’homme est un animal politique ζωον πολιτιχόν, c’est-à-dire né avec une certaine disposition naturelle à vivre en société. Sur ce fondement-là, ils bâtissent la doctrine civile, de sorte que, pour la conservation de la paix et pour la conduite de la société, il ne faut plus rien, sinon que les hommes s’accordent et conviennent de l’observation de certains pactes auxquels ils donnent le nom de lois.

            De fait, Hobbes à une vision négative de l’homme. Cette vision est appuyée par l’analyse de Freud, selon lequel « l’homme n’est pas un être doux ». Au contraire il porte naturellement en lui la violence qui empêche la paix sociale et, avec elle, toute prospérité. On rencontre ainsi la problématique de « l’insociable sociabilité des hommes » formulée par Kant, et selon laquelle les hommes ont une « inclination à entrer en société, inclination qui est cependant doublée d’une répulsion générale à le faire, menaçant constamment de désagréger cette société ». Hobbes est conscient de cette contradiction intrinsèque, puisqu’il neutralise par avance toute volonté de retour à l’indépendance naturelle par l’engagement extrêmement fort à la base de son contrat social.   

            Plusieurs penseurs ont également imaginé une façon de garantir une société pacifique et stable. Parmi eux, on distingue Locke et Rousseau.

            Locke, au contraire de Hobbes, est un des premiers penseurs du libéralisme. Dans ses trois Essais sur le gouvernement civil, il expose une version nouvelle de la doctrine contractuelle de l’état. Mais Locke partage avec Hobbes deux soucis : garantir la sécurité et préserver la propriété. Pour Locke, l’état de nature est un état d’harmonie et de liberté raisonnable. L’homme à l’état de nature jouit de deux pouvoirs et d’un droit fondamental : le pouvoir d’assurer sa propre conservation, le pouvoir de punir quiconque menace sa vie et le droit fondamental de propriété limitée à ce qui est nécessaire à sa conservation. Alors Pourquoi former une société si l’état de nature n’est pas un « horrible état de guerre« , comme le pensait Hobbes? Il manque à l’état de nature la garantie de l’ordre et du bonheur, autrement dit la garantie de la sécurité. Comment se fait le passage de l’état de nature à l’état de société? Par consentement mutuel. Mais, contrairement à Hobbes, Locke pense que nul gouvernement légitime ne saurait être un gouvernement absolu. En effet, nul homme ne serait assez fou pour consentir à abandonner tous ses droits, sinon l’état de société serait pire que l’état de nature. Selon Locke, les hommes entrent donc dans l’état civil par un contrat d’association par consentement mutuel et un contrat de soumission conditionnel. Le contrat de soumission au gouvernement est dissout dès que la majorité considère que ce gouvernement est incapable d’assurer la sécurité. Quel est le point de vue Rousseau sur la question de l’état de nature et de l’état politique ? La théorie de Locke porte en germe les principes de la démocratie libérale du XIXe siècle. Rousseau sera fortement influencé par la philosophie politique de Locke. Ils ont les mêmes préoccupations et leurs deux théories du contrat social reposent sur le même postulat : l’harmonie naturelle des volontés et des intérêts des individus. Ce postulat indémontrable est celui de l’individualisme libéral et de la démocratie. Sans s’accorder à Hobbes, Locke et Rousseau ne s’accordent pas cependant sur leur conception du contrat lui-même, c’est-à-dire sur les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre leur idéal politique. Il y a eu beaucoup de malentendus concernant cette notion d’état de nature chez Rousseau. L’homme à l’état de nature n’est pas pour Rousseau l’homme originel historiquement parlant. L’homme à l’état de nature n’est pas le « bon sauvage ». Il n’a jamais été question pour Rousseau de prôner un retour à l’état de nature, et ce pour deux raisons : la première est que cela n’aurait pas de sens de retourner à un état qui n’a jamais existé; la deuxième est que l’homme à l’état de nature pour Rousseau n’est pas l’homme parfait, mais qui n’a pas encore développé son potentiel. L’état de nature de Rousseau n’est donc ni le produit d’une recherche des origines historiques de l’humanité ni le produit de l’imagination mais un modèle théorique. Ce modèle théorique est obtenu par analyse de l’état présent. Il s’agit de dégager par analyse ce qui, dans les hommes tels qu’ils sont, revient à leur nature et ce qui revient à leur vie sociale. Autrement dit, l’état de nature est le naturel en chaque homme. Le libre contrat social de Rousseau, à première vue, se rapproche pourtant de celui de Hobbes. En effet, il demande comme lui que les citoyens cèdent librement tous leurs droits naturels au profit du souverain, celui-ci exerçant la volonté générale dans laquelle se reconnaissent tous les membres du corps social, unis par un intérêt commun. On reconnaît là, la volonté commune, composée de toutes les volontés particulières, appliquée par l’Etat de Hobbes dont le pouvoir est composé lui aussi de tous les pouvoirs particuliers qui lui ont été cédés. Mais ce contrat n’est pas, au contraire de Hobbes, une transaction de chacun à chacun au profit d’un tiers, mais plutôt un pacte que chacun conclut avec la communauté toute entière dont il devient membre. Ainsi chaque individu, en s’abandonnant totalement à la communauté, donc à tous, ne se donne à personne. Si, chez Hobbes, les volontés ont été transférées à l’Etat et que les citoyens ne participent pas à l’élaboration des lois, chez Rousseau, la volonté générale ne peut se transmettre, ni son exercice être délégué. C’est là l’opposition principale entre Hobbes et Rousseau, et la principale faille du contrat social de Hobbes. Si tous les gens du peuple se lient irrémédiablement à leur souverain, lui ne passe aucun contrat avec eux.

 

 

            Au-delà de la question de savoir quel état pour le bonheur de l’homme que Hobbes étudie à travers une analyse comparative de l’état de nature et de l’état politique, il ressort, de façon implicite, la question du fondement même du contrat social, qui régit l’entrée dans la société. L’analyse de Hobbes est très réaliste. Bien que présentant quelques limites, il élabore un nouveau fondement de la vie en société en opposition à toute la tradition philosophique. Il sera rejoint dans son analyse par d’autres auteurs comme Freud et Kant sur l’idée de l’homme à l’état de nature. D’autres auteurs, comme Locke et Rousseau, étudieront la même question, mais ils se démarqueront de Hobbes sur plusieurs points. Cependant on ne pourra pas se méprendre sur la valeur de son analyse qui ouvre de nouvel horizon en philosophie politique. 

      Jean-Baptiste TODJRO

todjrokomlan2@yahoo.fr

 

           

 

Dieu et la souffrance des innocents

Posté : 23 janvier, 2011 @ 9:32 dans théodicée | Pas de commentaires »

Introduction 

De nos jours, l’objection la plus fréquente et la plus forte contre l’existence de Dieu est l’existence du mal. Certaines formes d’objection peuvent procéder d’un sentiment authentique de justice, heurté par l’utilisation de Dieu pour cautionner l’ordre établi. Cette objection peut naître aussi d’un sens aigu de la souffrance, du mal et du scandale que cela peut causer. Certes le mal habite le monde et cela est une évidence qu’aucun vivant n’ignore et ne peut aucunement nier. Même le tout petit qui entre dans la vie en fait cette expérience de la souffrance qu’il traduit par son cri. Mal et souffrance accompagnent toute vie terrestre jusqu’à la mort qui apparaît comme le mal par excellence. Pourtant, malgré ces objections contre Dieu, çà et là, on rencontre dans certaines cultures l’acceptation du mal et on ne l’attribue pas à Dieu ; cela ne constitue pas une objection contre Dieu. Ces cultures, en général, ne sont pas entrées en contact avec le christianisme ou le sont un tout petit peu. Au contact avec la foi chrétienne s’est répandu le sens d’un Dieu Tout-puissant et Amour qui pose le problème du mal perçu comme un scandale qui aboutit à la négation de l’existence de Dieu. Ce scandale s’exprime en définitive par ‘’le néant de Dieu’’[1] ou la mort de Dieu. Dans ce sens, nous pouvons nous appuyer sur la formulation de Saint Thomas qu’il réfutera après dans sa démonstration : ‘’ de deux contraires, si l’un est infini, l’autre est totalement aboli. Or quand on prononce le mot Dieu on l’entend d’un bien infini. Donc, si Dieu existait, il n’y aurait pas de mal. Or l’on retrouve le mal dans le monde. Donc Dieu n’existe pas’’. Face à cet énigme, plusieurs questions se posent : Si Dieu existe pourquoi la souffrance de l’innocent ? Peut-on avoir confiance en Dieu dans un monde où des enfants sont torturés, où les catastrophes naturelles rendent la vie impossible ? Pourquoi ces multiples souffrances ? Pourquoi cette injustice ? Pourquoi les bons sont-ils les plus frappés ?  Pourquoi ces guerres, ces misères, ces violences ? Pourquoi existe-t-il quelque chose de si inhumain dans le monde ? Pourquoi cette impuissance manifeste, malgré les efforts de beaucoup et les progrès techniques pour briser ces cercles infernaux où se débat l’humanité ?   Ces mêmes  interrogations sont traduites par le cri du peuple élu que le psalmiste évoque sous diverses formes : Pourquoi, Yahvé, restes-tu loin, te caches-tu au temps de détresse ? (Ps10, 1) Jusques à quand, Yahvé, m’oublieras-tu ? (Ps 13,2) Pourquoi tous, croyants et incroyants, butons-nous sur ce mystère sans jamais trouver de solution et de réponse pour l’expliquer. Comment se fait-il que dans un village, dans un quartier des enfants puissent être à demi-morts de faim, des adultes enfermés dans le désespoir, sans que Dieu ne réagisse ?           

Face à ces interrogations que dire et que faire ? Seul un cri comme celui Job, qui est porté par l’Espérance, et plus encore le mystère d’un Dieu souffrant comme Jésus sur la croix, peuvent nous aider à élucider la question qui se pose. La présence du mal et de la souffrance est il compatible avec l’existence de Dieu ? 

I- Les larmes 

I-1 Que signifient les larmes ? 

Les larmes sont des gouttes de liquide transparent et salé sécrétés par les glandes lacrymales, baignant la conjonctive de l’œil et des paupières. Les larmes s’écoulent de l’œil lors d’une sécrétion abondante et due à ’une irritation chimique ou physique ou encore à une émotion forte. Cette sécrétion abondante s’appelle communément ‘’ les pleurs’’. 

Dans ce travail, notre attention sera tournée vers les larmes causées par une émotion forte : soit la joie et on parle alors de larmes de bonheur et d’espoir, soit une douleur cruelle ou un remord terrible qui entraînent les larmes de sang. Ainsi les larmes sont l’expression d’un chagrin ou d’une affliction. De là naîtra l’expression ‘’vallée de larmes’’ qui signifie que la vie terrestre est période de souffrance. Les souffrances comme la mort, les enfants handicapés, les maladies qui défient toujours les progrès extraordinaires de la recherche médicale, les catastrophes naturelles échappant à la technique et la science, les guerres.   

Nous pouvons donc reformuler notre sujet comme suit : L’existence de Dieu est-elle incompatible avec la souffrance  ou le malheur d’un seul innocent ?  

I-2  Que signifient le mal et la souffrance ? 

Evoquer le sillage de nos vies nous ramène immanquablement au souvenir de nos souffrances. Car le mal et la souffrance sont une évidence que nous expérimentons chaque jour, que nous soyons riche ou pauvre. C’est une évidence que nul ne peut nier. Mal physique ou moral personne n’en est  épargné. La souffrance est l’une des premières expériences de l’enfant. Mal et souffrance accompagnent toute vie jusqu’à la mort, le mal suprême. 

I-2-1 Le mal 

C’est une donnée de l’expérience, c’est une question existentielle. Certains philosophes comme Epicure, Hegel et les mouvements comme le new age pensent que le mal est une illusion de l’esprit. Cette approche échoue devant la réalité des êtres que nous sommes, et qui faisons l’expérience de la douleur dans notre corps et qui luttons afin de préserver la vie. 

En définitive, le mal est une réalité concrète : ‘’c’est un non être qui est’’ comme le dit Platon. Plusieurs penseurs pensent que le mal et le bien n’existent que par rapport à moi et mes actes ; on les réduit ainsi à une conséquence de mes choix et donc de ma liberté. Ainsi la liberté devient la référence ultime du bien et du mal.[2] 

Le mal n’est que la conscience que l’on a d’un manque, celui du bien, car en lui-même, le mal ne possède aucune réalité. Il se définit par rapport au bien, et c’est un manque d’être. 

I-2-2 La souffrance 

Parler de la souffrance nous engage dans une traversée qui n’est pas sans péril, la traversée de nos souvenirs, la traversée de nos vies avec ce qu’elles comportent de travaux, d’emprisonnement, de coups et de risques de morts, d’injustice et de dangers sans nombres, catastrophes naturelles, voles, viols, assassinats. Le labeur et la fatigue, la faim et la soif, le froid et la nudité ont pu nous marquer d’un sceau de la souffrance sans évoquer le souci de la vie quotidienne et notre impuissance à soulager la misère de notre faiblesse qui nous plonge dans l’angoisse. La souffrance, du latin sufferre, évoque quelque chose de pénible que l’on endure, une douleur que l’on porte dans son corps ou encore dans âme. Nous distinguons plusieurs types de souffrance : 

* La souffrance physique : il ne s’agit pas d’une simple douleur corporelle que l’on peut soigner avec des médicaments, mais d’une douleur qui se transforme en souffrance véritable et s’accompagne d’une réaction d’angoisse et de rejet. 

* La souffrance psychique : elle est de trois ordre, le premier est la souffrance dépressive qui enlève le sens de la vie, le second d’ordre affectif est lié à des blessures dans la vie relationnelle et prive de toute force et enfin la souffrance qui donne envie de mourir. Nous retrouvons cette souffrance psychique chez ceux qui sont tentés par le suicide. 

* La souffrance spirituelle est liée à la quête spirituelle des humains qui cherchent à donner un sens à leurs vies, car la vie est une perpétuelle recherche. 

Nous sommes incapables de maîtriser toutes ces perturbations physiques, psychiques et spirituelles qui peuvent conduire au désespoir et à une crise de valeurs.      

I-3 La souffrance et le mal comme un mystère[3] 

Le mal et la souffrance sont un ‘’ mystère’’ irrationnel et scandaleux qui suscitent en nous une réaction légitime de rejet et de révolte. De nombreuses théories ont cherché à donner un sens à ce ‘’mystère’’ mais hélas, elles se sont révélées stériles et dérisoires face à la souffrance vécue concrètement. Mal et souffrance sont injustifiables et inexplicables. 

Au fil des temps le silence face à la question de la souffrance et du mal a fait naître l’idée de la négation de Dieu. Cette idée est née avec l’avènement de la modernité qui prône la domination de l’homme sur la nature. 

II – Incompatibilité du mal avec l’existence de Dieu 

Pour pouvoir donner une réponse susceptible d’apporter une lumière à notre problème, il s’avère nécessaire de connaître ce que l’on entend par Dieu. Selon une certaine conception, Dieu existe et il est tout puissant et bon. Il a donc le pouvoir de détruire le mal. De même, s’il est bon, il doit chercher à détruire le mal. Or le mal a existé et continue d’exister, donc Dieu n’existe pas. Le problème posé ainsi montre l’inconsistance logique de l’existence de Dieu. 

II-1 Le mal comme une absence de Dieu 

De ce qui précède, nous avons conclu que dieu n’est pas. Il s’agit d’une conscience populaire qui juge que s’il y avait un ‘’Bon Dieu’’, il n’y aurait ni la souffrance ni la mort. Saint Thomas dira à ce propos ‘’ Si Dieu existait, nulle part on ne trouverait le mal, or le mal existe donc Dieu n’existe.’’[4] 

Ici, Dieu est infiniment Bon et tout puissant. Il est Bon donc, il ne doit pas autoriser le mal, il est tout puissant il est donc en mesure de l’empêcher. Ainsi la réalité du mal et de Dieu semble être incompatible. Le ciel serait vide, voilà qui explique la souffrance humaine et particulièrement le cri de l’innocent dans son angoisse.      

II-2 La présence du mal comme refus de Dieu 

Au-delà du simple fait de l’existence de Dieu, il peut être accusé d’être à l’origine du mal et de la mort. 

Dans l’Homme révolté[5], Albert Camus dénonce en Dieu le criminel, le père du mal et de la mort. Dans la ‘’peste[6]’’ qui est une longue méditation sur le mal et la souffrance, il dresse un réquisitoire contre une création où les innocents souffrent et meurent. Devant le cadavre de l’enfant de Othon, il fait dire à Rieux : ‘’je refuserai jusqu’à la mort d’aimer cette création où les enfants sont torturés’’[7]

C’est aussi devant le cadavre d’un enfant au gibet des pendus, dans un camp de concentration qu’une jeune israélite Elie Wiesel a crié sa révolte  contre le Dieu de ses pères pendant que ses frères trouvent encore la force de prier Dieu en ces termes ‘’ Béni sois le nom de l’Eternel’’, de là naît son interrogation : ‘’Pourquoi, mais pourquoi le bénirais-je ?[8] Cette interrogation venait de ce que tout son être s’était révolté à la vue de tous ces enfants brûlés dans les fours. Pour elle, Dieu est celui qui fait fonctionner les fours crématoires jour et nuit et même le jour du sabbat. Qui a créé tant d’usines de mort ? Elle poursuit son objection en se demandant comment bénir Dieu qui a choisi les juifs parmi tous les peuples pour qu’ils soient torturés ?   

Malgré toutes ces objections contre Dieu, nous sommes incapables de soutenir pendant longtemps l’idée d’une accusation contre Dieu dans le problème que suscite le mal et la souffrance, mais l’on peut faire l’expérience de son absence ou mieux encore de son silence. Ces questions posées par Albert Camus et Elie Wiesel viennent de leur expérience de l’absence et du silence de Dieu dans la souffrance de l’homme, mais peut-on en déduire que Dieu n’existe pas ? 

II-3 La foi en Dieu comme un aspect du mal humain 

Un autre aspect du refus de Dieu, c’est qu’il y a le mal dans l’existence et l’histoire de l’humanité et l’on doit éviter de considérer  Dieu comme solution à l’énigme du mal. Très souvent c’est ce qui est l’illusion de plusieurs. En réalité prendre Dieu comme Solution ne ferait qu’augmenter son angoisse. Car Dieu n’est pas une réalité, il n’est qu’une projection humaine et une aliénation, nous dit Feuerbach[9].     

Pour Albert Camus, le refuge dans la foi devant le mal n’est qu’une évasion, une solution trop facile devant le drame de la race humaine. Pour lui l’homme est invité à lutter de façon raisonnable et de toutes ses forces pour limiter les dégâts, car le mal est une absurdité évidente pour le cœur et pour la raison. 

Pour Jean Paul Sartre, le recours à Dieu n’est qu’une lâcheté de celui qui n’a pas le courage d’assumer sa responsabilité qui est une source d’angoisse. Assumer sa responsabilité c’est être libre et n’avoir pour norme que soi même. 

Karl Marx, de son coté est très clair. Pour lui, le mal est vécu dans l’affrontement à la matière et l’homme triomphe par le travail. Le mal se retrouve dans la société, la guerre de l’homme contre l’homme à cause de l’aliénation économique. Ainsi, le travailleur est volé au profit des biens de productions et tous les essais de libération par l’action de la religion ou de l’Etat sont inefficaces et ne font qu’augmenter la souffrance des ouvriers. La foi en Dieu brise donc tout élan révolutionnaire au profit d’un bonheur futur et poursuit par conséquent son aliénation. 

II-4 La question du mal pose celle de Dieu  

L’objection du mal face à la bonté de Dieu porte donc autant sur la question du mal que sur celle de Dieu. Or le mal comme Dieu ne sont pas seulement des problèmes pour la raison, ils sont des mystères pour l’intelligence, non des secrets impénétrables. Ce n’est pas parce que l’esprit ne peut plus fournir de « raisons » que l’intelligence ne peut plus avancer de lumières en lumières. C’est pourquoi pour tenter de comprendre ce qu’est le mal, c’est-à-dire le péché, le Catéchisme de l’Eglise catholique suggère de « reconnaître le lien profond de l’homme avec Dieu, car en dehors de ce rapport, le mal du péché n’est pas démasqué dans sa véritable identité de refus et d’opposition face à Dieu, tout en continuant à peser  sur la vie de l’homme et sur l’histoire »[10]. « C’est seulement dans la connaissance du dessein de Dieu sur l’homme que l’on comprend que le péché (mal) est un abus de la liberté que Dieu donne aux personnes crées  pour qu’elles puissent L’aimer et s’aimer mutuellement. »[11] 

III- Dieu et la souffrance de l’innocent 

Avant toute considération, il nous revient également de nous interroger sur la consistance de l’idée de Dieu. Comme posé ci-dessus ici nous allons nier la seconde prémice on a  donc: 

Dieu existe et il est bon et non tout puissant, donc dans sa bonté il cherche à détruire le mal mais il en est incapable. Le problème posé comme ceci ne montre aucune incompatibilité entre Dieu et l’existence du mal comme nous l’avons posé logiquement dans la deuxième partie de notre travail. 

Le problème qui se pose ici est de savoir si l’existence des faits tels que la souffrance sont des arguments qui rendent déraisonnable la croyance en l’existence de Dieu. Le problème est parfois vu comme un mouvement de protestation face aux innombrables violences d’origine naturelle ou humaine qui frappent sans raison apparente les innocents. 

Le livre de Job dans
la Bible ne donne pas une réponse autre que celle-ci : il ne faut pas chercher une explication au mal et à la souffrance, il faut toujours faire confiance en Dieu et s’abandonner à son amour.
La Bible à travers l’Evangile selon Saint Jean, nous montre que Jésus fils de Dieu, a souffert et c’est lui qui, pour les Chrétiens donne un sens à la souffrance. Pour l’incroyant, Jésus ne donne aucune réponse et aucune explication  raisonnable au problème de la souffrance, car il porte, à travers sa mort, le problème du mal et de la souffrance de l’innocent à un scandale absolu qui n’épargne pas le fils de Dieu. La mort de Jésus est perçue comme une défaite du bien devant le mal. Or l’hymne aux Phillipiens nous enseigne qu’à travers son obéissance et sa mort Jésus a vaincu la mort et toute sorte de souffrances. Voilà pourquoi Dieu l’a doté d’un nom suprême devant lequel tout genou fléchit et toute langue confesse que Christ est Seigneur.   Est-ce à dire que l’on doit obéir et subir la souffrance sans aucune réaction ?   

III-1 Comment concilier l’existence du mal et de Dieu sans rendre Dieu responsable de ce mystère ? 

Une telle conciliation a été ébauchée chez  Leibniz. D’après lui, le mal, la souffrance et la mort existent parce que Dieu ne pouvait pas créer un monde parfait c’est-à-dire un autre dieu. En effet la perfection du monde ferait du monde un Dieu et cela serait une contradiction. Or  toute création présente des limites et des défauts. Ainsi le mal et la souffrance apparaissent comme la limite de la création divine. Pour Leibniz, Dieu est un véritable stratège et, s’il a voulu notre monde, c’est parce, que dans sa bonté, il a pensé que cela est le meilleur des mondes possible pour nous, et, par conséquent, l’ordre le plus parfait entre les possibles. Faut-il entendre par là qu’il ne se préoccupe pas de la souffrance et du malheur de ses créatures ? Non, dans le récit de la genèse, la création est confiée à l’homme qui devait, à travers sa liberté et sa collaboration, conduire la création à son achèvement. Ainsi faudrait-il penser la question du mal et de la souffrance avec l’idée de la responsabilité et de la participation de l’homme à l’établissement d’un ordre bon et d’une harmonisation de l’univers. L’argumentation de Leibniz s’achève par l’affirmation  de l’innocence de Dieu en matière de mal. Paradoxalement, l’objection  du mal et de la souffrance contre l’existence de Dieu repose autant sur la réaction face au scandale de la souffrance que sur le besoin d’innocenter le « Bon » (Dieu), du mal qu’il laisserait commettre où qu’il « permettrait ». Ceux qui soutiennent cette objection ne discutent pas que Dieu est bon, parfait, qu’il soit « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6). Ils ne mettent pas,  non plus, en doute que Dieu puisse être l’auteur de toutes choses. Ils n’en font pas une sorte de démiurge qui chercherait à vaincre le chaos initial. Pour eux, Dieu est bon, parfait, tout puissant, ces œuvrent doivent l’être aussi ; Dieu s’il existe, ne peut engendrer, ni même tolérer, le mal, la souffrance et la mort. Or, comme le mal existe, Dieu n’existe pas. Refuser de croire en Dieu en raison de l’existence du mal, revient donc à innocenter Dieu du mal dont on le juge incapable en raison de sa bonté ! 

III-2 Ni la souffrance ni le mal ne sont voulus par Dieu 

La fin de l’homme voulue par Dieu, c’est le bonheur. Le mal, quelqu’en soit sa nature, n’est pas voulu par Dieu. Avant le concile Vatican II, plusieurs pensaient que le mal était voulu par Dieu pour le bien de l’homme, mais cette approche est contraire à la vocation humaine qui est le bonheur. C’est cette vocation qui le pousse à se révolter contre la souffrance et le mal et surtout à lutter contre ce scandale dans l’existence humaine. 

S’il est donc impossible d’affirmer que Dieu provoque la souffrance, le mystère reste dans la mesure où Dieu semble être impuissant devant le mal et que lui-même à travers son fils Jésus, subit la souffrance. Cette impuissance est celle du Dieu présenté par la foi chrétienne : un Dieu bon et tout-puissant qui se montre impuissant devant la souffrance et le mal. C’est cette impuissance qui se traduit à travers les deux célèbres œuvres de François Varillon l’ « humilité de Dieu »[12]  et « la souffrance de Dieu »[13] devant le scandale que vit sa création. On peut comprendre un mal s’il est issu des hommes, mais qu’en est il du mal existentiel c’est-à-dire la maladie et la mort ? Certes l’on pourra répondre que cela est inhérent à notre condition humaine. Mais pourquoi Dieu n’a-t-il pas construit le monde incorruptible et non destructible afin que les hommes puissent vivre sans aucune crainte, leur vocation première qui est le bonheur. Aucune réponse objective n’est donnée à cette question, nous nous retrouvons encore devant une énigme. Mais de ceci le chrétien retrouve une solidarité de Dieu avec l’homme dans la souffrance.     

III-3 La foi en Dieu comme une solution à la question du mal 

Si Feuerbach objecte que Dieu n’est qu’une invention humaine. Il est donc une fausse solution à la question du mal, parce que l’homme perd sa force de lutte. Il n’est qu’une évasion et une lâcheté devant la question du mal. Dans son expérience du mal, l’homme pense t-il à Dieu ? Pour les chrétiens, la mort et la vie du Christ Jésus ne sont ni un rêve ni une imagination. C’est un acte d’espérance du nouveau monde ou le mal sera détruit par le pouvoir glorieux du Christ. 

Pour beaucoup, cette résignation du croyant est perçue comme ‘’ l’opium religieux’’[14]. Mais cette attitude est combattue par la foi elle-même. Nous avons certes appris que le Christ est parti nous préparer une demeure où règnent la justice et la paix, mais loin de nous résigner, l’attente de cette terre, doit nous conduire à la culture de cette terre[15] . Par leur action, les chrétiens doivent être des signes de l’amour de Dieu pour le monde et donc chaque homme en particulier. Il est regrettable que les chrétiens ne rendent pas ce témoigne dans le quotidien. 

IV- Quel est le dieu qui est remis en cause devant la question du mal et de la souffrance ? 

Si Dieu est innocent devant la question du mal et que lui-même souffre avec le malheureux et l’innocent, quel est donc ce dieu qui est remis en cause ? Dans leur quête de Dieu, les hommes se font plusieurs représentations de ce dernier. Ainsi nous pourrons affirmer que dans la révolte de l’homme face à la souffrance la négation de dieu s’adresse à ces dieux que nous pouvons qualifier d’idoles. 

Si les remarques des athées n’atteignent pas la foi chrétienne, elles doivent  éveiller la conscience des croyants dans leur recherche de Dieu, surtout le sens le plus juste de Dieu et le sens le plus juste de l’homme. Ainsi l’objection construite à partir du principe du mal n’est pas la conclusion d’une activité intellectuelle, elle constitue au contraire un principe de base pour l’existence. Une telle attitude  suscite la question suivante : comment, les hommes refusent ils Dieu, en sincérité ?  

Le refus des hommes, c’est une manière objective d’affirmer leur liberté. Cette affirmation n’est pas sans conséquence car elle a des répercutions même sur la foi. Cette liberté de choix aboutit au refus de Dieu, comme celui du désir de l’homme dans l’histoire de
la Genèse (Adam et Eve et le fruit défendu). 

V- Quelle attitude adopter devant la souffrance ? 

Le mal étant une question existentielle, quelle attitude adopter en face d’elle ? Quelle attitude avoir en face du cri d’angoisse d’une mère qui pleure la mort de son enfant, ou encore devant la plainte des innocents ? Certains psaumes montrent un innocent malheureux pendant que le malfaiteur est dans l’abondance. Que penser de cela ? 

La croyance en Dieu, si ce n’est pas Dieu qui est rejeté et s’il est lui-même solidaire avec l’homme dans la souffrance engage l’homme à œuvrer à l’éradication de la souffrance du monde, car sa vocation, c’est le bonheur. Il serait dangereux de donner Dieu comme une explication du mal des hommes en disant : ‘’ c’est la volonté de Dieu’’. Non, Dieu ne veut en aucune façon le malheur d’un homme. Si la vocation de l’homme est le bonheur, il faut que nous prenions en main notre existence. Il faut ouvrir une lutte contre le mal sous toutes ses formes. Mais en partant pour ce combat, nous devons avoir toujours au devant de nous le sens le plus profond de Dieu et de l’homme.          

 

Conclusion                                                                                                                                             

A la fin de notre analyse, il convient de noter que le mal et la souffrance sont une question existentielle et évoquer la question du mal, c’est implicitement poser la question de son origine, c’est aussi établir une relation entre Dieu et le mal. Si Dieu est bon et tout puissant pourquoi permet-il le mal dans le monde ? Ainsi c’est l’existence de Dieu qui est remise en cause. Certes le mal existe dans le monde, mais cela ne nous empêche pas de croire en Dieu. C’est ce qui nous a conduits à porter notre réflexion sur le Dieu qui est remis en cause devant le mal que vivent les hommes. Nous avons abouti à l’idée selon laquelle ce n’est pas le Dieu de la révélation qui est objecté, mais au contraire des fausses idées que l’on s’est fait de Dieu et les idoles que l’homme s’est construit dans sa recherche de Dieu et du juste. Face à ceci, nous invitons les croyants et les personnes de bonne volonté à s’inspirer de ces objections pour donner le sens le plus juste de Dieu et de l’homme. Il serait important d’ouvrir une lutte contre le mal sous toutes ses formes et d’éviter de donner Dieu comme solution à la question du mal comme nous l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique : Jésus nous prépare une demeure où le mal n’existera pas. Mais avant la réalisation de ce monde, il convient de nous battre pour construire un monde plus juste où règne la paix, car la vocation première de l’homme c’est le bonheur. Baisser les bras devant une question existentielle telle que le mal et la souffrance ne serait qu’une évasion ou, pire encore, une fuite lâche de responsabilité. 

En définitive, il convient de dire que la question du mal n’est pas une pure activité intellectuelle ou un problème logiquement posé comme l’ont fait certains, conduisant ainsi à un choix entre Dieu et le mal. Un tel choix implique indirectement la question de la liberté de l’homme. Le problème est posé logiquement comme suit : Si Dieu est bon et tout puissant, il ne doit pas permettre le mal et doit chercher à le détruire, or le mal existe donc Dieu n’existe pas. Si on pose le problème ainsi il suffit de nier l’une des prémices pour invalider la conclusion, sinon, nous rejetons tout le problème du mal sur Dieu. A la fin de notre exercice il convient de penser le problème avec l’idée de la liberté de l’homme et de sa responsabilité à l’égard du reste de la création qu’il doit conduire à son achèvement.     

 

 

 

 

 

Bibliographie 

&   Albert CAMUS, l‘homme révolté, Gallimard, Paris, 1951, 382p 

&   Albert CAMUS, la peste, Gallimard, Paris, 1947, 382p   

&   Dominique MORIN, pour dire Dieu, cerf, Paris, 1989, 165p 

&   Dominique MORIN, Dieu existe-t-il ?, collection fêtes et saisons, cerf, Novalis, 1993, 62p 

&   Etienne BORNE, le problème du mal, P.U.F, Paris, 1960, 117p 

&   François VARILLON, la souffrance de Dieu, centurion, Paris, 1975 

&   François VARILLON, l’humilité de Dieu, centurion, Paris, 1974 

&   LEIBNIZ, Essais de théodicée

&   Henri BERGSON, « le problème du mal » in les deux sources de la morale et de la religion, 

&   Luc FERRY, l’homme Dieu ou le sens de la vie 

&   Pierre CROZON, interrogation sur l’existence humaine : dialogue de l’athéisme et de la foi, ouvrières, Paris, 1973, 206p 

&   Pierre MASSET, Comment croire ? La foi et la philosophie moderne, centurion, Paris, 1973, 309p. 

&   Platon, République, livres II et X, 

&   « Le livre de Job » in
La Bible de Jérusalem, Cerf, 3ème édition, Rome, 2001 

&   Catéchisme de l’Eglise Ctholique, 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sommaire 

Introduction. 1 

I- Les larmes. 2 

I-1 Que signifient les larmes ?. 2 

I-2  Que signifie mal et souffrance ?. 2 

I-2-1 Le mal 2 

I-2-2 La souffrance. 3 

I-3 La souffrance et le mal comme un mystère. 3 

II – Incompatibilité du mal avec l’existence de Dieu. 4 

II-1 Le mal comme une absence de Dieu. 4 

II-2 La présence du mal comme refus de Dieu. 4 

II-3 La foi en Dieu comme un aspect du mal humain. 5 

II-4 La question du mal pose celle de Dieu. 6 

III- Dieu et la souffrance de l’innocent 6 

III-1 Comment concilier l’existence du mal et de Dieu sans rendre Dieu responsable de ce mystère ?. 7 

III-2 Ni la souffrance ni le mal ne sont voulus par Dieu. 8 

III-3 La foi en Dieu comme une solution à la question du mal 8 

IV- Quel est le Dieu qui est remis en cause devant la question du mal et de la souffrance ?  9 

V- Quelle attitude adopter devant la souffrance ?. 9 

Conclusion. 10 

Bibliographie. 11 

Sommaire. 12 



[1] Etienne Borne, le problème du mal, P.U.F, Paris, 1960, P. 104

[2] Inspiré de Dominique Morin, pour dire Dieu, édition du cerf, Paris, 1989, p. 126 

[3] Idem Pp. 123-125

[4] Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, première partie, question 2, article 3

[5] Albert Camus, l’homme révolté, Gallimard, 159ème, France, 1958, 382p 

[6] Albert Camus, la peste, Gallimard, 8ème édition, France, 1947, 332p

[7] Pour l’auteur de l’homme révolté, remarque E. Borne, affirmer Dieu, ce serait prononcer l’amen de bénédiction en face d’un monde injuste où le mal et le malheur se superposent et s’entrecroisent. « Source et cheminement de l’athéisme », dans le recueil l’Athéisme tentation du monde, réveil des chrétiens ? P. 117

[8] Elie Wiesel, la nuit, Edition de minuit, 1968, Pp. 108-110

[9] Guy Agbossaga, cours de théodicée, Maison Lavigerie 2009-2010 p. 17

[10] Catéchisme de l’Eglise Catholique numéro 386

[11] Catéchisme de l’Eglise Catholique numéro 387

 

[12] F. Varillon, l’humilité de Dieu, centurion, Paris, 1974

[13] Id, la souffrance de Dieu, centurion, Paris, 1975

[14] En référence à Karl Marx, qui présente le religieux et la religion comme des endormeurs de conscience

[15] Inspiré de Gaudium spes, n°39 paragraphe 2

 

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